On ne parle pas assez du métro
de Leningrad. Ni des cochons qui héritent de fortunes
considérables. A l'intention de ces derniers, nous avons
souhaité dresser un petit vade-mecum des choses à faire
et à ne pas faire – comme par exemple rencontrer des poules
hystériques ou ouvrir un magasin de tondeuses à gazon.
Exemples-type de mauvaises idées qui peuvent entraîner
des complications que nous illustrons par le détail. Un porc,
surtout s'il a une sensibilité développée,
aspire à vivre libre, heureux et au grand air, et se passerait
bien d'un parcours initiatique souterrain, pauvre métaphore de
ses angoisses existentielles.
Accessoirement, cet ouvrage pourrait
intéresser et divertir les humains petits et grands, même
pauvres, et constituer le premier volume d'une longue série de
manuels de savoir-vivre à destination des cochons fortunés. | |
SYNOPSIS
Un
cochon a hérité d'une grosse somme d'argent qu'il
trimballe dans deux valises. Après une visite chez un
conseiller fiscal qui lui explique qu'il n'est pas imposable (après
tout, ce n'est qu'un cochon), il essaye vainement différents
moyens de se débarrasser de l'argent dont il n'a que faire, y
compris en essayant d'ouvrir un compte en banque.
Sur
un quai, il rencontre Camilla, une poule un peu excitée qui
vient de s'échapper d'un transport de volailles. Fascinée
par tout ce fric, elle tente de le convaincre de s'en servir (à
défaut de lui donner à elle) pour s'éclater, ce
qui n'intéresse pas le cochon, qui n'aspire qu'à une
vie tranquille. Suivi par Camilla, il prend le bus pour retourner
dans l'élevage bio où il vit clandestinement.
Dans
l'élevage, Camilla s'ennuie ferme en jouant au Trivial Pursuit
avec le cochon et insiste pour ne pas laisser l'argent inutilisé.
Lors d'un repas des porcs de l'élevage, on se rend compte
qu'ils forment un sorte de communauté évangélique
bio intégriste. Sous la pression, notre cochon fait un rêve
dans lequel il se voit chassé de l'élevage à
cause de son "impureté" (l'argent qu'il transporte).
A son réveil, il décide de partir tout seul – avec
son argent.
De
retour en ville, il voit un ancien grand magasin à vendre.
Après une visite guidée par un proprio à la
masse, il décide de l'acheter dans l'idée d'ouvrir un
magasin de tondeuses à gazon, un vieux rêve. Il est
rejoint par Camilla, qui en explorant les lieux découvre un
ascenseur qui les invite à descendre dans les égouts.
Le cochon se laisse tenter et suit un parcours de tunnels et canaux
assez insolites et visiblement balisés, tandis que Camilla la
poule, prenant peur, décide de remonter.
Le
parcours débouche dans un monde souterrain où vit le
peuple des taupes, dont le grand projet et la grande occupation est
de construire une réplique du métro de Leningrad,
incarnation mythique du progrès et de la perfection. Fait
prisonnier, le cochon découvre progressivement la dure réalité
: comme d'autres avant lui (ils sont toujours là), il est
tombé dans le piège tendu par le propriétaire du
magasin, qui est la "créature" des taupes. Celles-ci
ont en effet besoin de personnel pour conduire les rames du métro
(elles ont les pattes trop courtes pour atteindre les pédales).
Le
cochon partage ses journées entre des stages de formation
intensive de conducteur de métro, et la découverte du
monde violent, bavard et puérile des taupes, qui, quand elles
ne sont pas occupées par l'entretien et l'extension du réseau,
passent leur temps à se promener en métro en discutant
d'économie politique, ou à manger des nouilles sautées
au restaurant chinois. Au cours d'un bal de taupes (avec loterie), il
rencontre ses collègues conducteurs qui forment un petite
bande d'expatriés ruminant leurs frustrations.
Alors
qu'il conduit une rame, il a juste le temps de freiner pour éviter
une forme attachée sur les rails : Camilla. N'ayant pu
remonter par l'ascenseur, celle-ci a été prise après
avoir erré un bon moment, et condamnée à mort,
puisqu'elle a les pattes trop courtes pour leur être utile. Il
la libère et la cache dans sa musette.
Décidé
à sortir de là et conseillé par Camilla, le
cochon fomente une grève parmi les conducteurs, tous victimes
du magasin-piège (la vieille mère du propriétaire,
un mafieux albanais, un jeune communicant, une beurette femme de
ménage…). Une course-poursuite souterraine s'ensuit entre le
petit groupe et les taupes déchaînées (parodie
accélérée de rescue-story genre Tour infernale
ou naufrage du Poséïdon). Remonté in extremis dans
le magasin, ce qui reste du groupe (le cochon, Camilla et la vieille
mère) se croit sauvé, quand le propriétaire,
devenu tout à fait fou, tente de les noyer en ouvrant le
robinet des lavabos. Sa mère le neutralise (Toi, mon gamin,
t'as fait assez de conneries comme ça) puis propose au cochon,
qui accepte, de lui racheter le magasin le double de son prix.
Le
cochon, qui n'a toujours pas de nom, repart sur la route avec ses
valises (il en a maintenant quatre), suivi de Camilla à qui il
révèle l'origine de l'héritage (mais c'est écrit
trop petit pour qu'on puisse bien lire – on distingue juste
"…Trésor Secret des cochons…")
Précision
: le scénario est écrit en entier, mais peut bien sûr
évoluer. Dans sa forme actuelle, il occupe 46 pages. |  |